De l’engouement pour l’IA à l’IA au travail : réflexions du Web Summit de Vancouver

Par Sam Collins, Directeur, Gestion technique des produits, Réseau d’IA tissé de Bell
Je reviens tout juste de ma première participation au Web Summit, et cela m’a amené à porter une réflexion sur la croissance et le changement de l’écosystème de l’IA au Canada. Je suis frappé de voir à quel point la conversation sur l’intelligence artificielle a évolué. Il y a un an, tout le battage médiatique portait sur le potentiel et les promesses. Cette année, l’accent a clairement été mis sur la mise en pratique et la valeur tangible.
L’énergie à Vancouver était incroyable. On aurait dit que tout le monde dans le secteur de la technologie, des développeurs aux dirigeants de la haute direction, participait à des discussions sérieuses et sophistiquées sur l’IA. On ne se demande plus quand ni s’il faut commencer à adopter l’IA. Aujourd’hui, on parle plutôt de la façon de s’y prendre et de comment s’assurer de développer les talents à l’interne nécessaires pour continuer à bien faire les choses. L’ère de la prudence est révolue.

Séance avec Sam Collins, Craig Tavares (président et directeur des opérations chez Buzz HPC) et David Arsenault (vice-président des ventes mondiales chez Hypertec).
La conversation devient plus profonde
L’année dernière, je me suis souvent retrouvé à expliquer des concepts fondamentaux comme ce qu’est un jeton. Cette année, les gens m’ont posé des questions éclairées sur la réduction de la latence d’inférence, la comparaison de processeurs graphiques (GPU) spécifiques, et la définition de cas d’utilisation axés sur la valeur pour la mise en œuvre de l’IA.
Ce passage de l’observation à l’action est l’un des plus grands changements que j’ai observés. Les gens ne se contentent plus de regarder le phénomène de l’IA se développer. Ils se retroussent les manches et cherchent des moyens de s’impliquer. Ils ont des défis spécifiques qu’ils souhaitent relever. Ainsi, lors de notre classe de maître sur la conception d’une architecture d’IA sécurisée, évolutive et souveraine, les participants n’ont pas demandé pourquoi nous l’avions fait, ils ont posé des questions précises sur nos partenaires et sur les innovations dans des domaines comme la durabilité.
C’est rafraîchissant. Nous dépassons désormais l’engouement initial et nous prenons conscience que la vraie valeur ne vient pas du simple fait d’ajouter l’IA à un produit. Elle vient de son utilisation comme le bon outil pour la bonne tâche : transformer les entreprises, économiser de l’argent, améliorer les expériences et enrichir nos vies.
La souveraineté, c'est plus que de simples frontières
L’un des thèmes les plus puissants du sommet était la souveraineté de l’IA. La conversation a dépassé le simple fait de conserver les données à l’intérieur des frontières canadiennes. Il s’agit maintenant de contrôle, de valeur économique et de s’assurer que les avantages de l’IA profitent à toutes les communautés.
Par exemple: lorsque nous créons des modèles d’IA à partir de données canadiennes pour les industries canadiennes, cela signifie que nous faisons plus qu’adapter un modèle étranger à notre situation. Nous créons une solution qui tient compte de notre contexte dès le départ. C’est une solution conçue par nous, pour nous. Il s’agit là d’une souveraineté qui n’est pas une question de protectionnisme. Il s’agit plutôt de tirer parti de notre connaissance du terrain et de nos valeurs pour faire le meilleur travail possible pour notre population et nos entreprises.
Cela s’applique également à la façon dont nous bâtissons nos infrastructures d’IA ici, chez Bell. En nous associant à des entreprises canadiennes telles que Hypertec pour les infrastructures des centres de données ou BuzzHPC pour les services de calcul, nous faisons plus qu’industrialiser l’IA. Nous bâtissons à l’échelle nationale et de manière responsable. Il s’agit de créer des emplois et de développer une expertise ici même, chez nous, mais aussi de veiller à ce que notre écosystème d’IA reflète les valeurs canadiennes de durabilité et de gérance communautaire.
Et maintenant? L'essor de l'agent
Si cette année a été consacrée à la mise en pratique de l’IA, je crois que l’année prochaine sera celle de l’essor des agents IA.
À l’heure actuelle, pour exploiter pleinement les agents, il faut beaucoup de développement sur mesure. Mais je prédis que nous sommes à l’aube d’un changement majeur. Nous verrons bientôt les capacités d’agent devenir préconfigurées, faciles à utiliser et faire partie intégrante de la trousse de ressources de chaque professionnel, un peu comme les agents conversationnels l’ont fait ces dernières années. La conversation passera de « que sont les agents et comment les utiliser? » à « comment puis-je gérer au mieux mon équipe d’agents pour accomplir le travail? »
En quittant la conférence Web Summit, j’ai ressenti une nouvelle énergie grâce à l’effort collectif visant à concrétiser l’IA. Le secteur passe des idées abstraites aux applications pratiques, et le fait de bénéficier du Réseau d’IA tissé de Bell m’offre une occasion passionnante de faire partie de ce changement.
Pour en savoir plus, lisez le blogue de Sam sur le fonctionnement interne du Réseau d’IA tissé de Bell ou visitez le site web du Réseau d’IA tissé de Bell.
Photo du Web Summit par Sam Barnes/Web Summit via Sportsfile